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UNE NOUVELLE FILIERE AQUACOLE : LA PRODUCTION, L'ELEVAGE ET LA TRANSFORMATION DES HOLOTHURIES

 

L'holothurie, ou bêche de mer, est un animal invertébré, au corps long et mou, à la peau rugueuse, pouvant atteindre 25 cm de long. Il existe de très nombreuses espèces d'holothuries dont une dizaine comestibles. C'est un mets très prisé en Asie où les holothuries sont consommées fraiches ou séchées.

DEUX PROJETS CALEDONIENS

Les holothuries sont naturellement présentes dans les eaux du lagon calédonien où elles sont pêchées, séchées puis exportées (quelques dizaines de tonnes par an) ; cependant la ressource se raréfie et risque de conduire à une extinction des espèces commercialisées.

Des expérimentations de production et d'élevage d'holothuries ont été réalisées, notamment par le World Fish Center aux Salomon et en Nouvelle Calédonie, qui ont montré la faisabilité d'élevage d'holothuries en circuit contrôlé. Sur ces bases, deux équipes de promoteurs calédoniens ont poursuivi les recherches pour passer au stade industriel de production des larves et de grossissement des juvéniles.

  • Le premier projet (SEA pour Société d'Elevage Aquacole de la Ouenghi), se situe en baie de Saint Vincent et reprend les installations d'une ancienne ferme d'élevage de crevettes ce qui permet de limiter les investissements à réaliser. La société prévoit d'exporter les holothuries adultes sous forme congelée pour répondre à la tendance du marché.
  • Le deuxième projet (BDM pour Bêche De Mer, la société étant en cours de constitution), se situe sur la presqu'ile de Montagnès, à un emplacement contigu avec une ferme d'élevage de crevettes dont les gérants sont associés au projet. La société de prévoit transformer les holothuries adultes sur place en utilisant des techniques innovantes (séchage écologique).

L'économie des deux projets, en phase de croisière, repose exclusivement sur la vente des holothuries adultes à l'export ; les marchés asiatiques (Hong Kong, Singapour) et australiens (pour la colonie asiatique) sont en effet très demandeurs du fait de la raréfaction des ressources naturelles et les volumes sont sans commune mesure avec les prévisions de production des deux projets calédoniens. Comte tenu des prix pratiqués, les perspectives commerciales sont très favorables.

UNE FILIERE NON SANS RISQUES

Toutefois les deux projets doivent franchir deux types d'obstacles sur le chemin du succès :

  • les obstacles techniques communs à toutes les filières aquacoles

Il s'agit en effet de produire et d'élever des animaux vivants avec de fortes densités pour assurer la rentabilité des projets ; même si les expérimentations en ont démontré la faisabilité et si des fermes d'élevage existent déjà en Australie et à Madagascar, les déboires rencontrés par la filière crevettes doivent inciter à la prudence. Pour y faire face, les deux équipes de promoteurs, incluant des chercheurs reconnus, se sont par ailleurs entourées des meilleurs spécialistes mondiaux dans les différentes étapes du processus de production des larves et du grossissement des juvéniles ; et il s'agit d'animaux déjà présents naturellement dans le lagon calédonien.

  • la montée en puissance des exploitations

Le cycle de production et d'élevage des holothuries nécessite de 18 à 24 mois ; en ajoutant une année pour la réalisation des investissements, les deux sociétés connaitront trois exercices sans commercialisation d'holothuries adultes et donc sans recettes. C'est pourquoi les deux projets envisagent de vendre, dans l'intervalle, des juvéniles (cycle de production de quelques mois) pour assurer la trésorerie de l'exploitation. Les promoteurs ont donc sollicité les trois collectivités provinciales afin de réensemencer le lagon avec des juvéniles des espèces menacées pour maintenir la biodiversité (les holothuries ont par ailleurs une action détritivore utile) et conforter l'activité de pêche traditionnelle. Des partenariats avec les pêcheurs et les exportateurs actuels d'holothuries sont également envisagés. Les provinces ont répondu favorablement, sur le principe, à cette sollicitation ; reste à formaliser cet accord par des conventions pluriannuelles pour sécuriser financièrement les deux projets.

UNE OPPORTUNITE POUR LA CALEDONIE

Le conseil d'administration de Promo Sud, eu égard à l'intérêt économique et social de cette nouvelle filière et s'appuyant sur le soutien manifesté par la Province Sud, a décidé de s'impliquer dans ces projets en participant au capital des deux sociétés et en apportant une aide financière en compte courant d'associé.

On peut par ailleurs noter qu'en cas de réussite, cette filière peut donner de nouvelles perspectives aux fermes de crevettes dont la rentabilité s'est révélée insuffisante.